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Réchauffement climatique : les 4 leçons alarmantes du rapport du Giec

lundi 3 novembre 2014, par C3V Maison Citoyenne

Les villes du Caire et d’Alexandrie, en Egypte, de nuit, vues de la Station spatiale internationale, en 2010. (Nasa)

Les experts sur le climat ont publié dimanche 2 novembre à Copenhague une évaluation mondiale dont le message est clair : face à l’ampleur du réchauffement, il faut agir vite pour réduire les émissions de CO2, ce qui est possible sans compromettre la croissance.

"Nous avons peu de temps avant que la possibilité de rester sous les 2°C ne disparaisse", déclare dans un communiqué Rajendra Kumar Pachauri, le président du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), qui a réalisé la plus complète évaluation du changement climatique depuis 2007.

Cette nouvelle évaluation globale est le fruit d’un colossal de partage des connaissances (30.000 études passées en revue, 800 auteurs principaux) : c’est la cinquième publiée par le Giec après celles de 1990, 1995, 2001 et 2007.

Elle reprend les résultats de trois rapports thématiques rendus en septembre 2013 (preuves du réchauffement), en mars 2014 (impacts) et en avril 2014 (mesures pour atténuer la hausse des températures).

Elle doit servir de base scientifique aux responsables politiques dans les négociations internationales devant aboutir fin 2015 à Paris à un accord global.
Objectif : maintenir la hausse globale des températures sous le seuil de 2°C

La communauté internationale s’est fixé comme objectif de maintenir la hausse globale des températures sous le seuil de 2°C, afin de limiter les impacts du changement climatique déjà à l’œuvre et dont la vitesse est inédite.

Pour garder le cap des 2°C, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (CO2, méthane, protoxyde d’azote) doivent être réduites de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et disparaître totalement d’ici 2100, estiment les scientifiques.

Cela implique de se détourner massivement des énergies fossiles, d’améliorer fortement l’efficacité énergétique, de limiter la déforestation, etc, et d’investir pour cela des centaines de milliards de dollars d’ici à 2030.

Pour autant, ce tournant énergétique ne compromettrait pas la croissance mondiale, mettent en avant les experts (climatologues, économistes, océanographes, etc).

Des efforts "ambitieux" de réduction de gaz à effet de serre feraient baisser de 0,06 point le taux annuel de la croissance mondiale, estimé entre 1,6 et 3% au cours du 21e siècle, avancent-ils.

Cette estimation ne prend pas en compte les bénéfices économiques liés à l’atténuation du changement climatique (infrastructures, agriculture, pêche, santé, etc.).

les systèmes hydrologiques ont été altérés par la modification des précipitations et la fonte des glaces, affectant dans certaines régions la disponibilité et la qualité de l’eau
1 - Les vagues de chaleurs augmentent en Europe, en Asie, en Australie

Les impacts sont déjà visibles sur tous les continents : précipitations accrues dans certaines zones et en baisse ailleurs, répartition modifiée des espèces marines et terrestres, rendements agricoles globalement en baisse, vagues de chaleur plus fréquentes en Europe, Asie, Australie.

Comprendre :

Les régions où les précipitations ont augmenté sont plus nombreuses que celles où elles ont diminué.
La répartition, les migrations et la population de nombreuses espèces marines ou terrestres ont été modifiées.
L’impact global sur les rendements agricoles est négatif.
La fréquence des vagues de chaleur a augmenté dans des parties de l’Europe, de l’Asie et de l’Australie.

2 - "L’atmosphère et les océans se sont réchauffés"

"L’atmosphère et les océans se sont réchauffés, les quantités de neige et de glace ont diminué, le niveau de la mer a augmenté", a résumé Thomas Stocker, vice-président du Giec.

Les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont atteint les niveaux les plus élevées depuis 800.000 ans.

Conséquence :

La température moyenne à la surface de la planète a gagné 0,85°C entre 1880 et 2012, une vitesse inédite. Celle à la surface des océans a augmenté de 0,11°C par décennie entre 1971 et 2010.
Le niveau moyen des océans s’est lui élevé entre 1901 et 2010 de 19 cm.
Dans la région de l’Arctique, qui se réchauffe plus rapidement que la moyenne de la planète, la surface de la banquise a diminué de 3,5 à 4,1% par décennie entre 1979 et 2012.
A noter que l’Antarctique suit le chemin inverse (+ 1,2 à 1,8%), même si certaines régions de ce continent ont perdu de la glace.

3 - Beaucoup d’espèces (animales ou végétales) vont s’éteindre

Le réchauffement se poursuivant, le Giec prévient, qu’à l’avenir, les conséquences seront plus lourdes pour l’écosystème de notre planète.

Le rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre aura des impacts "graves, étendus et irréversibles".
La région arctique continuera à se réchauffer plus rapidement que la moyenne de la planète.
Les vagues de chaleur seront plus fréquentes, les vagues de froid moins fréquentes sur la majeure partie de la planète.
Les changements concernant les précipitations ne seront pas uniformes : précipitations annuelles en hausse dans le Pacifique équatorial, aux latitudes élevées et dans les régions humides aux latitudes moyennes, baisse dans les régions subtropicales sèches.
L’océan va encore se réchauffer et s’acidifier.
L’élévation du niveau des mers va se poursuivre à un rythme encore plus élevé : elle pourrait aller de 26 cm à 82 cm, en fonction des émissions, entre 1986-2005 et la fin du 21e siècle ; la hausse ne sera pas uniforme sur le globe.
Le volume global des glaciers, à l’exception de l’Antarctique, devrait baisser de 15 à 55% avec le scénario d’émissions le plus faible et de 35 à 85% avec la trajectoire la plus élevée.
Risques accrus d’extinction pour de nombreuses espèces (animales ou végétales) qui ne pourront pas se déplacer assez vite pour s’adapter.

4 - Les risques de conflits vont s’accroître

"Nous avons les moyens de limiter le changement climatique", a insisté Rajendra Kumar Pachauri, pour qui "les solutions sont nombreuses et permettent un développement économique et humain continu". "Tout ce dont nous avons besoin, c’est de la volonté de changer", a-t-il ajouté. Youba Sokona, vice-président du Giec, souligne de son côté que "plus nous attendons pour agir, plus ce sera couteux". Surtout en terme de sécurité alimentaire, de disponibilité en eau potable, de risques d’inondations et de tempêtes, avec une hausse probable des déplacements de population et de conflits pour l’accès aux ressources.

La sécurité alimentaire affectée notamment dans les régions dépendant de la pêche.
Baisse des rendements céréaliers (blé, riz, maïs) dans les régions tempérées et tropicales.
Baisse des ressources d’eau potable dans les régions subtropicales sèches.
Risques accrus dus aux inondations, glissements de terrain, tempêtes.
Hausse des déplacements de population.
Risques de conflits accrus pour l’accès aux ressources.

Avec AFP


Comprendre le réchauffement climatique en 4... par lemondefr

Voir en ligne : L’Obs. Planéte. du 2/11/2014

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