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Macron RADICAL POUR UNE NECESSAIRE DEMONDIALISATION ET UN RENFORCEMENT DES SERVICES PUBLICS !!!

vendredi 20 mars 2020, par C3V Maison Citoyenne

SUR LIBE Macron RADICAL POUR UNE NECESSAIRE DEMONDIALISATION ET UN RENFORCEMENT DES SERVICES PUBLICS !!!

on doit rêver...

Quand l’économie mondialisée paraît au bord du gouffre et qu’une crise financière menace, Emmanuel Macron prend volontiers des accents radicaux. Jeudi soir, en conclusion de son adresse aux Français, le chef de l’Etat a estimé que l’épidémie dévoilait « au grand jour » les failles du « modèle de développement » dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies. « Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché », a-t-il affirmé en héraut de l’Etat-providence, à commencer par la santé gratuite, « atout indispensable quand le destin frappe ». Il faut donc en finir avec cette « folie » qui a pu conduire les Etats à « déléguer » l’alimentation ou le soin de notre cadre de vie.
Une « folie » du système déjà dénoncée en son temps par Nicolas Sarkozy dans un discours à Toulon en septembre 2008 en pleine tourmente déclenchée par la faillite de Lehman Brothers. Et tout comme l’ancien chef de l’Etat appelait déjà à une « refondation du capitalisme » reformaté sous le signe d’une « croissance durable », l’actuel locataire de l’Elysée a promis en conclusion de son allocution « des décisions de rupture ». « Reprendre le contrôle » Lesquelles ? L’Elysée n’a pas donné de précisions vendredi.

Mais la prochaine occasion devrait se présenter bientôt, en principe début avril, lorsque les citoyens tirés au sort siégeant à la « Convention citoyenne pour le climat » remettront leurs propositions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030.

Au plus fort de la crise des gilets jaunes, dans son allocution du 10 décembre 2018, Macron avait déjà prophétisé une nécessaire révolution : « Nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies […] sans que rien n’ait été vraiment compris et sans que rien n’ait changé. » Et devant les dirigeants du monde réunis aux Nations unies le 24 septembre 2019, il avait assuré qu’il ne suffirait pas de « réformer le système » pour limiter le réchauffement climatique et qu’il fallait donc « le changer » en sortant du libre-échangisme.

Une tonalité très altermondialiste comme on disait au début des années 2000, que le chef de l’Etat avait déjà déclinée à Davos début 2018, invitant alors les patrons à s’engager pour un « nouveau contrat mondial ». Cette mondialisation qui ne cesse de creuser les inégalités, enrichissant les « nomades de ce monde au détriment des sédentaires », il l’avait encore critiquée quelques semaines plus tard devant les experts de l’OCDE. Un discours pas vraiment nouveau donc mais que la crise du coronavirus vient à son tour légitimer en mettant en avant la « Freiner » encore davantage la propagation du virus et « préserver » l’économie et l’emploi.
Au lendemain de la « mobilisation générale » décrétée jeudi soir contre le Covid-19 par Emmanuel Macron, une partie de son gouvernement s’est attelée, vendredi, à préciser les nouvelles « mesures d’urgences » de lutte contre l’épidémie et ses conséquences. Après une matinée passée au ministère de l’Intérieur pour informer les préfets des consignes pour le premier tour, dimanche, des municipales (lire page 3), Edouard Philippe a annoncé au 13 heures de TF1 l’interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes (contre 1 000 jusqu’ici). « Notre objectif est de retarder au maximum le pic » de l’épidémie, a justifié le Premier ministre, conscient que cette nouvelle directive aura « des conséquences importantes pour les théâtres, pour les cinémas ». Le chef du gouvernement a, en revanche, exclu de stopper les transports en commun : « Aujourd’hui, on n’est pas du tout obligé de le faire », a-t-il assuré, rappelant que cela empêcherait les personnels soignants de se rendre à leur travail. « Nous avons discuté avec les médecins, avec les spécialistes, avec les scientifiques, qui nous disent que les inconvénients […] sont bien supérieurs aux avantages », a ajouté Philippe, avant de confirmer qu’il n’était « absolument pas question de fermer les commerces », et que la pénurie ne guettait pas. Arrêt maladie. Pour limiter les déplacements des salariés sans paralyser l’activité, le gouvernement insiste également sur le « télétravail », inscrit dans la loi fin 2017. « Tout ce qui peut être fait en télétravail doit être fait en télétravail, a martelé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Un salarié qui demande le télétravail et dont le métier le permet, c’est forcément oui. » Et s’il ne le permet pas et qu’il doit garder ses enfants puisque les établissements scolaires sont fermés à partir de lundi, il peut bénéficier sans délai de carence d’un arrêt maladie, mais dont le niveau de l’indemnité n’est pas connu. « C’est automatique, si vous avez un enfant de moins de 16 ans [18 ans pour les parents d’enfants en situation de handicap pris en charge dans un établissement spécialisé, ndlr] qui est en crèche ou école, et que le télétravail n’est pas possible », a expliqué Pénicaud. Mais s’il est « possible », difficile d’imaginer un parent avec des enfants en bas âge chez lui bosser correctement… Pour les entreprises touchées par le ralentissement de l’économie, le Premier ministre a confirmé la mise en place d’un « dispositif ambitieux […] de chômage partiel ou d’interruption d’activité ». « Ceux qui doivent interrompre leur activité professionnelle [doivent pouvoir] bénéficier d’un accompagnement de la collectivité » pour que le salarié « ne perde pas de pouvoir d’achat ». Pénicaud avait assuré avant lui que l’Etat allait prendre en charge « 100 %» du dispositif afin d’éviter les licenciements

Consignes et milliards : les ministres annoncent la couleur Transports maintenus, télétravail encouragé, rassemblements de plus de 100 personnes annulés, aides aux entreprises… L’exécutif a détaillé les mesures de crise. nécessité de « reprendre le contrôle » dans une Europe souveraine comme l’a souligné Macron jeudi. Depuis quelques jours, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, répète en boucle que le Covid-19 constitue un « game changer dans la mondialisation ». En prenant l’exemple de l’industrie pharmaceutique dans laquelle 80 à 85 % des principes actifs des médicaments sont produits en Chine, il invoque la nécessité « impérative » de relocaliser en France un certain nombre d’activités « et d’être plus indépendant sur un certain nombre de chaînes de production ». Un enjeu majeur de souveraineté, plaide-t-on à Bercy où l’on promet qu’il y aura bien « un avant et un après-coronavirus » en matière d’approvisionnements industriels. « Point zéro » « Cette crise démontre l’extrême vulnérabilité d’un système dans lequel la part de la Chine atteint aujour­d’hui 20 % de la production industrielle mondiale, confirme Daniel Cohen, à la tête du département d’économie de Normale Sup. Il ne s’agit d’ailleurs là que d’une moyenne, c’est beaucoup plus dans quantité de secteurs et il est clair que l’on est arrivé à une mondialisation de la chaîne de valeur qui touche ses limites. » Reste qu’on se trouve encore au « point zéro » d’une démondialisation qui n’a pas encore commencé, reconnaît Daniel Cohen. Une démondialisation dont le principal moteur sera la réduction de l’empreinte carbone.

Christophe Alix et Alain Auffray Événement M


Pour les personnes intéressées, voici Réplication du virus à couronne.
Elle se fait en six étapes successives (voir illustration) :

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