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Invitation : jeudi 4 fevrier à 19h - Franz Kafka (et nous avec lui) à la colonie pénitentiaire - Par Laurent Grisel

dimanche 24 janvier 2021, par C3V Maison Citoyenne


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Rendez-vous avec Laurent Grisel ce jeudi 4 février à 19h00

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Bonjour,

Nous concluons notre cycle de lectures dévoué à Franz Kafka ce jeudi 4 février.

Les colonies pénitentiaires sont une de ces inventions utilitaristes du XIX siècle colonial ; tant qu’à nourrir des condamnés, autant les envoyer dans les pays conquis et qu’il y tiennent les travaux les plus durs, s’ils s’y tuent, rien grave - ou tant mieux ; les Russes, les Britanniques, les Français, les Italiens en firent usage ; l’île du Diable, en Guyane française, ouverte en 1852 pour accueillir les insurgés contre le coup d’État de décembre 1851, reçut ses bagnards jusqu’en 1939 ; quant au bagne de Cayenne, Kafka en connaissait la réalité mise en lumière par la presse lors de l’affaire Dreyfus.

Dans À la Colonie pénitentiaire, un étranger visite une colonie, il se fait présenter une « machine particulière » par un officier français – celui-ci malgré la chaleur porte l’uniforme, « ces uniformes représentent la patrie, et nous ne voulons pas perdre la patrie ».

Nous écouterons les explications, nous regarderons la démonstration, pour ainsi dire par les yeux et les oreilles du voyageur. Comme le peintre Vermeer avait peint un tableau dans lequel il s’était peint en train de peindre le portrait d’une jeune femme que nous regardons, nous aussi, Kafka adopte un dispositif de mise en abyme qui nous emmène dans la scène, qui met en cause notre position de lecteur, de témoin – il nous pose la question : que voyons-nous ? Et comment réagir ? Nous sommes au bord. Nous pourrions, dans la fiction ou ailleurs, passer de témoin à acteur.

L’histoire, vous l’entendrez, s’achève sur un extraordinaire coup de théâtre.

Rendez-vous

ce jeudi 4 février

à 19h00

au FabLab de Joigny.

Si vous voulez y assister, envoyez-moi un mot, je vous donnerai le mode d’emploi. Et sinon, comme nous en avons pris l’habitude maintenant,

au téléphone,

au 03 73 53 07 92

Amicalement,

Laurent Grisel

Je lirai ce texte dans la traduction de Laurent Margantin. À propos de cette traduction l’écrivain François Bon écrivait qu’elle est « comme translucide, aiguisée ». « Chaque mot est replacé dans un contexte que les premières lectures de À la colonie pénitentiaire laissaient peut-être dans le halo commode de la littérature fantastique. Prêtez attention aux paysages, aux visages. À l’art extrême ici de la parole : c’est nous-mêmes et notre présent que nous offrons à cet acier de langue. Ça se lit d’un souffle. Certainement. Seulement, à troisième relecture on découvrira encore des inflexions neuves. C’est Kafka tout entier, veine dure, que nous saluons ici. »

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