Accueil > ENVIRONNEMENT > ENVIRONNEMENT INFO - Les luttes... > FERME VERTICALE - SANS SOLEIL - SANS TERRE - SANS PESTICIDES - EST- CE (...)

FERME VERTICALE - SANS SOLEIL - SANS TERRE - SANS PESTICIDES - EST- CE VIABLE ? - A qui profite le crime ?!!

dimanche 23 mai 2021, par C3V Maison Citoyenne


Extrait de notre-planete.info
Une salade sortie de cette usine... vous en mangeriez ?

FERME VERTICALE - SANS SOLEIL - SANS TERRE - SANS PESTICIDES - ET TRÈS CHER...

Jardins partagés, végétalisation des toits et des terrasses en ville, plantations diverses au coeur des friches industrielles... L’agriculture urbaine se développe depuis le début des années 2000. Les fermes verticales qui fleurissent dans de nombreuses régions du monde en constituent en outre un bel exemple, original et prometteur. Mais est-il parfaitement viable ?

La ferme verticale : un concept novateur

Impressionnantes par leur structure en hauteur et à la pointe de la technologie, les fermes verticales traduisent une ambition forte : développer des cultures maraîchères en plein cœur de la ville pour répondre efficacement et dans le respect de l’environnement aux besoins alimentaires d’une population croissante.

Le constat de départ est simple : la superficie totale de nos parcelles agricoles ne saurait suffire à couvrir nos besoins (d’autant plus quel’élevage consomme plus de 80 % de l’ensemble des terres agricoles mondiales). Selon le dernier Atlas Human Planet 2019, plus de 3/4 de la population mondiale habite déjà dans des zones urbaines.

La superposition des cultures en hauteur, sur plusieurs étages, au sein de tours géantes permettrait ainsi un gain d’espace considérable (emprise au sol réduite) et une production accrue.

Théorisé en 1999 par le microbiologiste Dickson Despommier - professeur en santé environnementale et microbiologie à l’université Columbia à New York - le modèle des fermes verticales se concrétise pour la première fois en 2012, à Singapour.

C’est dans la banlieue de New York, à Newark, que s’est ensuite construite la plus grande ferme urbaine du monde, avec ses 12 étages, ses 6 500 mètres carrés et ses kilomètres de rayonnages. Elle produit 350 fois plus qu’une ferme conventionnelle dans le même espace. Les légumes y poussent hors sol, dans un support en tissu fabriqué à partir de plastique recyclé et éclairés par des LED, qui créent une lumière adaptée aux besoins de chaque plante.

Une agriculture techno-industrielle

Plant factories au Japon, Indoor agriculture ou vertical farm aux Etats-Unis, City farming aux Pays-Bas... Les fermes verticales constituent des systèmes productifs sophistiqués, permettant de contrôler et maîtriser, grâce à une technologie de pointe, l’ensemble des paramètres de culture.

Au Japon, les entreprises qui s’engagent dans cette voie ont souvent peu d’attaches avec le secteur agricole. De grands groupes de l’électronique et de l’énergie, comme Hitachi, Mitsubishi ou Toshiba, créent des filiales pour leurs projets de plant factories.

Contrairement aux serres classiques, ces fermes high tech s’affranchissent de l’environnement extérieur, les cultures étant réalisées en environnement contrôlé. La conception même des bâtiments vise à maîtriser le climat interne et les échanges avec l’extérieur : température, humidité, ventilation, enrichissement de l’air en CO2, contrôle de la pression pathogène.

Cultivés en grandes quantités, les végétaux y poussent par hydroponie, c’est à dire hors-sol et à l’aide d’un substrat (sable, billes d’argile, laine de roche, ...) irrigué au goutte à goutte par une solution composée d’eau distillée et de nutriments. L’eau chargée de nutriments est acheminée par des pompes et gouttières (hydroponie) ou directement pulvérisée sur les racines (aéroponie). Ils se passent également de la lumière naturelle du soleil au profit d’un éclairage entièrement artificiel, reposant sur l’utilisation de diodes électroluminescentes (LED), qui produisent peu de chaleur et répondent aux besoins de photosynthèse des plantes.

Un modèle en pleine expansion

Reposant sur des modes de production hors-sol, les fermes verticales présentent l’immense avantage de permettre une installation en tous lieux, surtout dans les pays où l’espace fait défaut comme au Japon, dont les terres arables ne représentent que 12 % de la superficie. Depuis 2011, 300 fermes verticales, financées par l’Etat, y ont ainsi été installées, dans d’anciens entrepôts urbains.

C’est à Singapour qu’apparaissent, en 2012, les premières fermes verticales. L’île-Etat, qui ne compte que 1,1 % de surfaces cultivables et affiche l’une des plus fortes densités de population au monde (7 126 habitants au kilomètre carré), importe 97 % de ses ressources alimentaires.

La société Sky Greens y a donc installé des tours maraîchères de 9 mètres de haut qui, grâce à leur surface au sol d’à peine 6 mètres carrés, s’insèrent aisément dans l’espace urbain. Selon son directeur, Daniel Chea, les 550 tours construites à ce jour par Sky Greens produiraient l’équivalent d’une tonne de légumes par jour, couvrant ainsi 1 % des besoins locaux. A Singapour, plus de 120 fermes verticales sont déjà en activité.

En France, on compte aussi quelques fermes verticales comme La Caverne, située dans le nord de Paris, porte de la Chapelle. Cette ferme urbaine souterraine est spécialisée dans la production d’endives et de champignons. A Romainville, au nord-est de la capitale, une tour maraîchère ouvrira ses portes en 2020. L’objectif de la municipalité : développer une surface d’exploitation de 1000 m² et produire chaque année 12 tonnes de fruits, légumes, champignons, fleurs comestibles, plants, semences… Soit la consommation annuelle de 200 familles.
VIDEO - ROMAINVILLE : ÉCLAIRAGE NATUREL !

Dans la banlieue de Nantes, la start-up HRVST cultive des salades, du cresson et du basilic. Elle prévoit également d’ouvrir une ferme verticale dans une ancienne portion du métro parisien.

A Londres, 30 mètres sous terre, la ferme Growing Underground, créée en 2016 dans un ancien abri anti-aérien, abrite des légumes, des pousses et diverses herbes aromatiques.

Des avantages écologiques et économiques

« Ni pesticide, ni herbicide, ni insecticide, ni fongicide »

L’agriculture horizontale est souvent très perturbatrice pour la faune sauvage en raison des labours, des divers traitements chimiques et des modes lourds de plantation et de récolte par les machines.

Les fermes verticales ne requièrent a contrario pas de pesticides, les cultures étant à l’abri des insectes et des bactéries. Parce qu’elles permettent un meilleur contrôle de l’environnement des plantes, elles limitent fortement les besoins en insecticides et herbicides.

"ll n’y a aucun intrant dans cette culture, aucun produit phytosanitaire, ni pesticide, ni herbicide, ni insecticide, ni fongicide, tout simplement parce qu’il n’y a pas d’intrusion de bactérie, de pollen, ou d’insecte dans l’espace de culture", explique Swen Déral, co-président de la SAUGE (Société d’agriculture urbaine généreuse et engagée).

Il est permis de douter, en revanche, de la possibilité de faire l’économie de l’utilisation d’engrais chimiques dans ce mode de culture.

Une production optimisée

Permettant une absorption optimale des nutriments par les plantes, l’aéroponie pratiquée dans les fermes verticales constitue un atout majeur pour optimiser les rendements, de quatre à six fois supérieurs à celui de l’agriculture traditionnelle en pleine terre.

Leur éclairage artificiel permet également de maintenir une température constante et d’accélérer la pousse des plantes en régulant chaque paramètre de croissance et d’assurer des récoltes toute l’année.

Les ressources peuvent ainsi être ajustées précisément aux besoins de la plante, sans gâchis et même en recyclant l’eau en bas de système. De quoi économiser jusqu’à 70 % d’eau par rapport aux méthodes agricoles classiques, selon Dickson Despommier.

"Les salades poussent sans terre et sans soleil, en aéroponie. Elles ne baignent pas dans l’eau. Par rapport à la culture en pleine terre, nous utilisons 95% d’eau en moins", explique Marc Oshima, l’un des responsables de la ferme AeroFarms.

L’environnement contrôlé de ces tours permet effectivement de recycler l’eau utilisée dans les cultures, en récupérant la vapeur produite par l’évapotranspiration des plantes. Les sous-sols pourraient également servir au traitement des eaux usées en installant une unité de traitement des eaux, incluant éventuellement un dispositif de méthanisation (le CO2 étant ensuite réutilisé comme "engrais gazeux" pour les plantes). Un moyen de recycler (par méthanisation ou compostage) en boucle courte et locale certains déchets et eaux usées.

Une proximité renforcée avec les consommateurs

Situées à proximité des lieux de consommation et favorisant les circuits courts, les fermes verticales permettent de répondre à des besoins de proximité.

Elles favorisent en outre la réduction de la distance entre les lieux de production et de consommation, et donc celle du coût du transport et des émissions de gaz carbonique (CO2) dues à leur acheminement et à leur réfrigération. Elles permettent à ce titre la réduction du gaspillage et des risques sanitaires, tout en créant des emplois locaux et en fournissant des produits frais à la population locale.

Rendre les terres à la nature (à qui ?)

Alors que les rapports du GIEC pointent du doigt la dégradation de l’état des sols, ces exploitations originales pourraient favoriser le retour de nombreuses terres cultivées à leur état naturel et réduire la déforestation liée à leur extension.

Un moyen également de contribuer à protéger la biodiversité, voire de mettre un terme à son extinction de masse afin que les services écosystémiques puissent s’y restaurer. L’agriculture verticale pourrait ainsi être la seule façon de rétablir suffisamment de terres comme habitats pour la faune, la flore, les champignons, bactéries.

Les équipements en fonctionnement comportant encore d’importantes zones d’incertitude...

Un système de production énergivore

Le défaut majeur des fermes verticales, c’est qu’elles sont gourmandes en énergie (éclairage artificiel, ventilation, chauffage). Elles nécessitent en outre une consommation de matière première importante lors de la construction et les matériaux mobilisés sont bien souvent issus de ressources non-renouvelables.

Du point de vue de l’environnement, de nombreux observateurs condamnent l’utilisation des LED plutôt que du soleil pour éclairer les végétaux. Ces ampoules à basse consommation, utilisées massivement, finissent malgré tout à augmenter considérablement la facture énergétique et donc le coût final des aliments.

L’éloignement de la terre

Désaisonnalité, production constante et déterritorialisée... Les fruits et légumes cultivés en hydroponie sont fatalement privés d’un élément essentiel : la terre. Alors, ont-il vraiment le même goût ? “Moins amers”, d’après les promoteurs de la ferme verticale, “moins bons et manquant de consistance”, d’après les agriculteurs... Rappelons que les cultures hors-sol sont interdites dans le cahier des charges de l’Agriculture Biologique.

“Les plantes qui poussent en pleine terre auront toujours quelque chose de plus que des plantes ayant baigné dans un substrat toute leur vie" , assure Swen Déral. Le fonctionnement de la terre est en effet si complexe et subtil qu’il nous demeure encore largement inconnu, et donc difficile à reproduire.

La suite sur Notre Planète
https://www.notre-planete.info/actualites/4653-ferme-verticale-culture-hors-sol

Autrice :
Diane Mellot / notre-planete.info



Gagner de la place au sol pour rendre à nature sa vrai place ? Voici ce que l’on peut lire dans 19 mai 2021

Dans le sud de l’Essonne, à Saint-Hilaire, Bouygues Travaux Publics veut entasser plus d’un million de mètres cubes de gravats, issus des chantiers du Grand Paris express, sur 34 hectares de terres agricoles transformées en décharge. Élus locaux, habitants, et agriculteurs s’opposent à ce projet.



Puisque nous y sommes, pourquoi pas...des vaches, comme à Houshu près de fukuyama !

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
Habillage visuel © digitalnature sous Licence GPL