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Les projets de construction de centrales à charbon s’effondrent dans le monde

samedi 23 octobre 2021, par C3V Maison Citoyenne


L’âge d’or du charbon semble enfin toucher à sa fin après un sursaut il y a quelques années : les projets de construction de centrales à charbon s’effondrent dans le monde et seule une poignée de pays envisagent d’en construire de nouvelles à l’avenir. Cependant, le charbon continue d’être exploité massivement dans le monde et principalement en Asie du Sud-Est.

Le rapport No New Coal Factbook du think tank Ember, vient de dresser un panorama des projets de construction de centrales électriques au charbon dans le monde. Parmi ses principaux enseignements, on peut relever que seulement 21 pays projettent de construire des centrales à charbon dans les années à venir, au premier rang desquels la Chine, l’Inde, le Viêt Nam, l’Indonésie, la Turquie, et le Bangladesh.

Rappelons que la production d’électricité à partir de combustible fossile comme le charbon, est une source majeure de gaz à effet de serre. Selon le rapport du GIEC SR1.5, l’utilisation du charbon doit chuter de 79 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2019 pour respecter les engagements pris par les pays dans le cadre del’Accord de Paris.
Or, depuis sa signature en 2015, 44 pays se sont joints aux 40 premiers qui avaient pris l’engagement de ne pas construire de nouvelles centrales à charbon. Cela représente une réduction de 76 % des capacités de production projetées au niveau des centrales à charbon.

Aujourd’hui, 82 % des projets de construction de centrales à charbon pour produire de l’électricité se situent dans seulement 6 pays (Chine, Inde, Vietnam, Indonésie, Turquie, Bangladesh) dont la Chine à hauteur de 55 % avec 153 Gw de capacités additionnelles envisagées. Soulignons que la Chine et l’Inde ont annulé depuis 2015 respectivement 484 et 326 GW de projets.

16 pays supplémentaires souhaitent construire une seule centrale à charbon supplémentaire, dont l’Australie, le Cambodge, le Maroc ou la Pologne.
Toutefois, un nombre important de projets de nouvelles centrales sont tributaires des financements chinois. Or, la Chine a récemment annoncé vouloir cesser de financer la construction de nouvelles centrales charbon à l’international, ce qui rend incertain l’apparition de nouvelles centrales.

L’effondrement des projets de construction ne signifie pas que le charbon n’est plus utilisé dans le monde. En effet, après une demande en baisse (inédite depuis la seconde Guerre Mondiale) de 4 % en 2020 à cause de la pandémie de COVID-19, "l’utilisation mondiale de charbon devrait rebondir en 2021 et entraîner une augmentation des émissions mondiales de CO2 d’environ 640 Mt CO2. Cela pousserait les émissions du charbon à 14,8 Gt de CO2 : 0,4 % au-dessus des niveaux de 2019 et seulement 350 Mt de CO2 de moins que le sommet mondial des émissions de CO2 en 2014." précise l’Agence Internationale de l’Energie dans son rapport Global Energy Review 2021. Le secteur de l’électricité a représenté moins de 50 % de la baisse des émissions de charbon.

A lire sur ce sujet : Le solaire : numéro 1 des investissements en énergie au niveau mondial La Chine a dépassé les émissions de CO2 des Etats-Unis, devenant le premier pollueur mondial L’Europe et 22 dirigeants mondiaux se lancent dans le captage et le stockage du carbone

En France, la production d’électricité à partir de centrales au charbon, a atteint son plus bas niveau historique en 2020 avec 1,4 TWh. Cette production devrait cesser en 2022 avec la fermeture annoncée (ou le changement de combustible) des dernières centrales au charbon.
Dorénavant, c’est le nucléaire qui pousse au fonctionnement des centrales à charbon puisque lors de périodes de vagues de chaleur et de sécheresse, les centrales nucléaires ne peuvent plus fonctionner pleinement. En septembre, les centrales à charbon sont à nouveau sollicitées avec une hausse de la consommation et un taux de disponibilité du nucléaire encore faible (RTE).

« L’économie du charbon est devenue de moins en moins compétitive par rapport aux énergies renouvelables, tandis que le risque d’actifs bloqués a augmenté. Les gouvernements peuvent désormais agir avec confiance pour s’engager à « pas de nouveau charbon » a déclaré Chris Littlecott, auteur du rapport et directeur associé chez E3G.

Auteur

Christophe Magdelaine Christophe Magdelaine / notre-planete.info