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ANALYSE D’AIR EN REGION PARISIENNE, chiffres étonnants concernant l’aluminium et audition publique sur les épandages aériens en Californie.

vendredi 15 mai 2015, par C3V Maison Citoyenne

Le titre étonnera sans doute :

quel rapport entre des analyses d’air près de Paris et une assemblée en Californie ?

Les analyses : ce sont des analyses d’air ambiant faites par AIRPARIF, autour de la centrale d’incinération d’Ivry-Paris 13 (une des plus grosses d’Europe), pour caractériser « les niveaux de métaux et particules ». Certaines mesures font suite à des demandes faites par des associations.

L’audition publique en Californie, c’est sur les traînées laissées par les avions et leurs conséquences environnementales

Les mesures de particules et de métaux [1] ont été faites du 16 septembre au 27 octobre 2013, sur 3 sites à Ivry-sur-Seine (de 250 m à 1,8 km de la centrale), un site à Charenton (1,1 km de la centrale, de l’autre côté de la Seine, près de la ligne de chemin de fer Paris-Lyon) et un site au square de Choisy, dans le 13e (2,3 km de la centrale). Pour les particules, les mesures ont été comparées à celles de Paris centre, de Paris 18e et de Vitry-sur-Seine.

Le résultat le plus évident est …qu’il est difficile dans la pollution ambiante, de savoir ce qui est causé par la centrale.
Le cas des métaux et des particules fines (PM 2,5 inférieures à 2,5 micromètres (µm) [2] est significatif : leur taux est un peu plus élevé à l’école Dulcie September, à 250 m de la centrale. Mais il l’est aussi au foyer Chevaleret, à 1,1 km de celle-ci, ou au centre technique Lamant à 1,8 km : la pollution automobile est probablement en cause, d’autant plus qu’Ivry en est entourée : boulevard périphérique au nord, autoroute A 4 à l’est. Les chiffres sont équivalents à ceux de Paris centre et les plus bas sont constatés quand on s’éloigne de Paris, à Vitry, par exemple, plus au sud, où la ville est moins dense.

Les mesures ont été faites aussi sur les particules PM 10 (< 10µm). Il en ressort des chiffres comparables à ceux de Paris et de la proche banlieue, les plus élevés étaient à Paris centre. Le plus inquiétant est, dans un autre rapport, ce qui est mesuré au sortir des cheminées de la centrale [3] : les PM 2,5 y représentent 97 % des PM 10, or ce sont les plus dangereuses pour la santé. Le pourcentage des PM 1, les pires, n’est pas disponible.

Nous avions demandé des mesures sur les dioxines et furannes bromées (en développement actuellement en particulier avec les retardateurs de feu, non traitées et non réglementées). Les dioxines et furannes chlorées, les plus courantes, étaient déjà mesurées, réglementées et filtrées à l’usine.

Le résultat est édifiant : si les composés chlorés sont très inférieurs au seuil de la réglementation (0,1 µg/m3), oscillant entre 0,0004 et 0,078, les bromés sont très au-dessus de ce seuil, et compris entre 0,33 et 0,40 µg/m3. Des études épidémiologiques sont indispensables pour faire réglementer ces polluants, dont plusieurs articleshttp://www.france-incineration.fr/I... disent qu’ils pourraient être aussi nocifs que les composants chlorés.

Pour les métaux, les mesures ont porté sur ceux faisant l’objet de normes (arsenic, nickel, cadmium et plomb) et sur des métaux ne faisant pas l’objet de normes : le mercure, l’aluminium, le chrome, le manganèse, le cuivre et le zinc. Certains étaient déjà mesurés au niveau des fumées de la centrale, d’autres non, en particulier l’aluminium, que nous avions demandé en raison de son danger pour la santé (maladies neuro-dégénératives) et de sa présence dans les ordures ménagères (films et barquettes alu). Il apparaît relativement peu important dans les fumées de la centrale d’incinération, représentant au plus entre la moitié et le quart des émissions de « 9 métaux lourds [4] ».

Au niveau de ceux-ci, les taux moyens mesurés dans l’air ambiant sur les cinq sites (données sur les 6 métaux les plus présents) sont d’environ 54,5 ng/m3 (dont 8,5 pour le plomb, 14 pour le manganèse et 25 pour le cuivre). Pour le cuivre, l’école de Charenton a un chiffre double (50 ng/m3), mais l’usure des caténaires pourrait l’expliquer, les voies SNCF étant à quelques dizaines de mètres de celle-ci. Pour le zinc, les chiffres oscillent entre 20 et 40 ng/m3, mais sa présence est connue dans les fumées d’incinération, approchant le double des métaux lourds. Ceux qui font l’objet d’une norme sont largement inférieurs (de 10 fois ou plus)

La surprise vient de l’aluminium, qui pourtant est relativement peu présent dans les fumées de la centrale. Les mesures sur les cinq sites (3 à Ivry, un à Charenton, un à Paris 13e) oscillent suivant les jours entre un peu plus de 40 et de 160 ng/m3, avec une moyenne autour de 89 ng/m3, ce qui en fait le métal largement le plus présent dans les mesures de l’air ambiant.

D’où vient cet aluminium, dangereux pour la santé ?

La réponse pourrait venir de Californie.
Lire la suite sur le site d’ATTAC...

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